- Le blog et les actualités de Witik
- Cybersécurité, RGPD & IA : Les actus de Juin 2026
- 1 - Protection des données : le G7 fixe ses priorités
- 2 - DMA : Bruxelles s'attaque désormais aux géants du cloud
- 3 - AI Overviews : Google ne pourra plus se cacher derrière son moteur de recherche
- 4 - IA : Bruxelles empêche Meta de verrouiller WhatsApp
- 5 - Les États-Unis découvrent les joies de la régulation de l'IA
- 6 - Mythos bientôt accessible en Europe ? Anthropic change de cap
- 7 - Euro numérique : l'Europe veut reprendre la main sur les paiements
- 8 - Pourquoi les entreprises tech sont devenues la cible privilégiée des cyberattaques
- 9 - Les cyberattaques du mois
- 10 - Et voilà, vous êtes à jour !
Cybersécurité, RGPD & IA : Les actus à ne pas manquer de juin 2026
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Protection des données : le G7 fixe ses priorités
Les 25 et 26 juin, les autorités de protection des données des pays du G7 se sont réunies à Paris à l'invitation de la CNIL.
À l'ordre du jour : protection des mineurs, IA agentique, lunettes connectées, circulation internationale des données… autant de sujets qui façonnent déjà les débats autour de la vie privée.
À l'issue de cette rencontre, les régulateurs ont adopté plusieurs textes, dont une déclaration sur les mécanismes de vérification de l'âge respectueux de la vie privée et un guide de bonnes pratiques destiné aux fabricants d'objets connectés utilisés par des mineurs.
Les échanges ont également porté sur les lunettes connectées et l'IA agentique, deux technologies émergentes qui soulèvent déjà de nombreuses questions en matière de protection des données.
Une réunion qui montre que les régulateurs cherchent désormais à harmoniser leurs positions face à des technologies qui évoluent de plus en plus vite.
Source : CNIL
DMA : Bruxelles s'attaque désormais aux géants du cloud
Après les moteurs de recherche, les réseaux sociaux ou les boutiques d'applications, c'est au tour du cloud d'entrer dans le viseur de Bruxelles.
La Commission européenne estime qu'AWS et Microsoft Azure occupent une position si centrale sur le marché qu'ils pourraient bientôt être désignés comme "contrôleurs d'accès" (gatekeepers) au titre du Digital Markets Act (DMA).
Si cette décision est confirmée, les deux géants américains devront notamment faciliter le changement de fournisseur, renforcer l'interopérabilité de leurs services et s'interdire certaines pratiques favorisant leurs propres écosystèmes.
Pourquoi maintenant ? Parce que, selon Bruxelles, l'essor de l'IA renforce encore leur position dominante. Les entreprises ne choisissent plus seulement un fournisseur cloud : elles choisissent aussi l'écosystème IA qui l'accompagne. Résultat, les coûts de changement augmentent et la concurrence se réduit.
Si elle est confirmée, cette décision marquera une première : jamais le DMA ne s'était encore appliqué à des services de cloud. Une nouvelle étape dans la stratégie européenne visant à limiter les situations de dépendance vis-à-vis des hyperscalers américains.
Source : Les Echos
AI Overviews : Google ne pourra plus se cacher derrière son moteur de recherche
Les résumés générés par IA de Google continuent de faire des vagues en Europe.
Au Royaume-Uni, le régulateur de la concurrence a imposé à Google de permettre aux éditeurs de refuser que leurs contenus alimentent les AI Overviews, sans pour autant disparaître des résultats de recherche classiques. Une manière de rééquilibrer le rapport de force entre Google et les producteurs de contenus.
En Allemagne, c'est un tribunal qui est allé encore plus loin. Saisi par deux éditeurs victimes d'informations erronées générées par les AI Overviews, il a estimé que Google ne pouvait plus être considéré comme un simple intermédiaire technique.
Pourquoi ? Parce que les AI Overviews ne se contentent plus de renvoyer vers des sites web : ils produisent leurs propres réponses en synthétisant plusieurs sources. Et lorsqu'une IA affirme quelque chose de faux, cette affirmation engage désormais la responsabilité de Google.
Ces deux décisions marquent un tournant. À mesure que les moteurs de recherche génèrent eux-mêmes des réponses plutôt que de simplement référencer des contenus, ils pourraient progressivement être soumis à des règles différentes... et à de nouvelles responsabilités.
Source : BBC
IA : Bruxelles empêche Meta de verrouiller WhatsApp
Bruxelles a décidé de ne pas attendre.
Le 9 juin, la Commission européenne a ordonné à Meta de rétablir gratuitement l'accès à WhatsApp pour les assistants IA concurrents, comme ChatGPT, Gemini ou Perplexity, avant même la fin de son enquête antitrust.
Pourquoi une telle urgence ? Parce que WhatsApp est devenu bien plus qu'une simple messagerie. Avec des centaines de millions d'utilisateurs, c'est désormais une porte d'entrée stratégique vers les assistants IA. En réservant cet accès à Meta AI, son propre chatbot, Meta risquait de verrouiller le marché avant même qu'il n'atteigne sa maturité.
La Commission estime que le préjudice pourrait être irréversible si elle attend plusieurs années pour rendre sa décision finale. Elle impose donc à Meta de revenir aux conditions qui prévalaient avant octobre 2025, lorsque les assistants concurrents pouvaient accéder gratuitement à la plateforme.
Source : Usine Digitale
Les États-Unis découvrent les joies de la régulation de l'IA
Pendant des années, le débat semblait assez simple : l'Europe réglementait, les États-Unis innovaient.
Visiblement, les lignes commencent à bouger.
Quelques jours après le décret signé par Donald Trump sur les modèles d'IA les plus avancés, un projet de loi bipartisan propose de créer un véritable cadre fédéral pour les systèmes les plus puissants. Au programme : classification des risques, audits indépendants, obligations de gouvernance et mécanismes de contrôle permanents.
Dans le même temps, Anthropic a relancé le débat en appelant les principaux laboratoires d'IA à ralentir (voire suspendre temporairement) le développement des modèles les plus avancés si leurs capacités venaient à dépasser les mécanismes de sécurité.
Le texte n'en est encore qu'au stade de projet. Mais une chose est frappante : outre-Atlantique, le débat ne porte plus vraiment sur la question de savoir s'il faut encadrer l'IA. Il porte désormais sur la manière de le faire.
Source : Usine Digitale
Mythos bientôt accessible en Europe ? Anthropic change de cap
Le feuilleton Mythos continue.
Après avoir longtemps réservé son modèle de cybersécurité à une quarantaine d'organisations américaines et britanniques, Anthropic discuterait désormais avec l'Enisa, l'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité, afin de lui ouvrir l'accès au programme Glasswing.
Pour rappel, Mythos est présenté comme un modèle capable d'identifier — et même d'enchaîner — des vulnérabilités dans des systèmes complexes. Anthropic affirme qu'il a permis de détecter plus de 10 000 failles en un mois, raison pour laquelle son accès était jusqu'ici limité à quelques partenaires de confiance.
Ce changement de position marque un tournant. Après plusieurs semaines de tensions autour de l'accès des Européens à cette technologie, Anthropic affirme désormais vouloir la partager avec les gouvernements de ses alliés afin de renforcer leurs capacités de défense.
Les discussions sont encore en cours. Mais si elles aboutissent, l'Enisa deviendrait la première organisation située hors des États-Unis et du Royaume-Uni à accéder à Mythos.
Source : ActuIA
Euro numérique : l'Europe veut reprendre la main sur les paiements
L'euro numérique franchit une nouvelle étape.
Le 23 juin, la commission des affaires économiques du Parlement européen a adopté sa position sur le projet, ouvrant la voie aux négociations avec le Conseil de l'Union européenne.
Contrairement à une idée reçue, l'euro numérique n'a pas vocation à remplacer les espèces ni à concurrencer les cryptomonnaies. Il s'agirait d'une version numérique de l'euro, émise par la Banque centrale européenne et utilisable aussi bien en ligne que hors ligne.
Pourquoi ce projet ? Parce qu'aujourd'hui, une grande partie des paiements électroniques en Europe repose sur des acteurs américains comme Visa, Mastercard, Apple Pay ou Google Pay. Avec l'euro numérique, Bruxelles cherche à renforcer son autonomie sur une infrastructure devenue stratégique.
Le texte prévoit également plusieurs garde-fous en matière de protection des données, notamment l'intégration des principes de privacy by design et privacy by default. Le projet est toutefois encore loin d'être finalisé : plusieurs étapes législatives restent à franchir avant une éventuelle mise en circulation.
Affaire à suivre.
Source : European Parliament
NIS 2 : la France rattrapée par son retard
La France aime défendre une cybersécurité européenne ambitieuse. Problème : elle n’a toujours pas transposé NIS 2.
Près de vingt mois après la date limite, la Commission européenne s’apprêterait à saisir la Cour de justice de l’Union européenne contre la France pour non-transposition de la directive. Une situation plutôt embarrassante pour un pays qui plaide régulièrement pour un renforcement des règles cyber au niveau européen.
Pour rappel, NIS 2 doit élargir massivement le périmètre des organisations soumises à des obligations de cybersécurité : plus de 15 000 entités seraient concernées en France, contre quelques centaines sous le régime précédent. Gestion des risques, notification rapide des incidents, sécurité de la chaîne de sous-traitance, responsabilité des dirigeants… le texte change clairement d’échelle.
Mais côté français, le projet de loi censé transposer la directive reste bloqué. En cause notamment : un désaccord autour d’un article visant à interdire à l’État d’imposer des portes dérobées dans les services chiffrés.
Le risque est donc double : une sanction financière, mais aussi une perte d’influence à Bruxelles au moment même où le cadre européen de cybersécurité continue d’évoluer.
Le paradoxe est assez savoureux : la France déploie déjà une feuille de route cybersécurité largement alignée avec NIS 2… sans avoir encore transposé NIS 2.
Source : Le Monde Informatique
Pourquoi les entreprises tech sont devenues la cible privilégiée des cyberattaques
Les entreprises technologiques sont en première ligne de la cyberguerre.
Selon le dernier rapport de CrowdStrike, 58 % des cyberattaques étatiques visant le secteur technologique sont attribuées à des groupes liés à la Chine. La Corée du Nord, elle, multiplie les attaques sur la chaîne d'approvisionnement logicielle et va jusqu'à infiltrer des entreprises avec de faux employés.
Pourquoi un tel acharnement ? Parce qu'aujourd'hui, les entreprises tech développent les technologies les plus stratégiques : modèles d'IA, services cloud, logiciels, bibliothèques open source… En compromettre une, c'est parfois ouvrir une porte vers des centaines, voire des milliers d'autres organisations.
Un rappel que, dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, la cybersécurité n'est plus seulement un sujet technique : c'est un enjeu stratégique, en particulier pour les entreprises technologiques.
Source : Reuters
Les cyberattaques du mois
L'Insee à son tour victime d'une cyberattaque
La série noire continue pour les administrations françaises.
Cette fois, c'est l'Insee qui a annoncé avoir été victime d'une cyberattaque ayant entraîné une violation de données personnelles. Environ 12 800 agents, anciens agents et membres des corps de l'institut sont concernés. Les informations compromises portent sur leur identité et leurs coordonnées professionnelles.
L'Insee précise qu'aucune donnée sensible, à savoir mots de passe, données bancaires, informations de santé ou numéros de sécurité sociale, n'a été exposée. Les investigations n'ont pas non plus révélé, à ce stade, de compromission des données statistiques collectées auprès des entreprises et des particuliers.
Cette attaque montre encore une fois, à quel point, les administrations restent une cible privilégiée.
MesVaccins.net piraté : pourquoi les données de santé attirent autant les cybercriminels
Nouvelle fuite de données dans le secteur de la santé.
La plateforme MesVaccins.net, qui permet de gérer un carnet de vaccination en ligne, a été victime d'une cyberattaque. Les données potentiellement compromises incluent des informations d'identité, des coordonnées, des données vaccinales et, pour certains utilisateurs, leur numéro de sécurité sociale.
À ce stade, l'éditeur Syadem indique ne pas être en mesure d'identifier précisément les personnes concernées et considère donc que l'ensemble des titulaires d'un carnet de vaccination numérique pourrait être affecté.
Si ce type d'attaque est particulièrement préoccupant, c'est parce que les données de santé figurent parmi les plus recherchées sur les marchés clandestins. Contrairement à une carte bancaire, que l'on peut bloquer en quelques minutes, un dossier médical ou un numéro de sécurité sociale conservent leur valeur pendant des années et peuvent alimenter des usurpations d'identité, des fraudes ou des campagnes de phishing particulièrement crédibles.
550 000 bénévoles touchés : JeVeuxAider.gouv.fr victime d'une faille pourtant bien connue
Encore une cyberattaque contre une plateforme publique française.
Cette fois, c'est JeVeuxAider.gouv.fr qui a été visée. Les données personnelles de près de 550 000 utilisateurs ont été exposées après l'exploitation d'une faille de type IDOR (Insecure Direct Object Reference), une vulnérabilité pourtant bien connue des spécialistes de la cybersécurité et répertoriée parmi les risques les plus courants par l'OWASP.
Le ministère assure que les mots de passe, données bancaires et pièces d'identité n'ont pas été compromis. La faille a depuis été corrigée et une enquête est en cours.
Novo Nordisk piraté : même les géants de la santé ne sont plus épargnés
Le géant pharmaceutique Novo Nordisk, à l'origine du médicament Wegovy, a confirmé avoir été victime d'une cyberattaque ayant conduit à l'exfiltration de données issues de certains essais cliniques.
Les informations concernées incluraient notamment des identifiants de patients pseudonymisés, leur année de naissance, leur sexe ainsi que certaines données de santé. À ce stade, l'entreprise affirme qu'aucune identification directe des patients n'est possible, mais l'ampleur exacte de l'incident reste inconnue.
Tchap compromis : quand la messagerie sécurisée de l'État est à son tour visée
La messagerie Tchap, utilisée par les administrations françaises, a été victime d'un incident de sécurité après la compromission d'un compte utilisateur.
Un hacker affirme avoir accédé à plus de 643 000 messages, près de 60 000 fichiers et plusieurs centaines de salons de discussion. De son côté, la Dinum tempère ces déclarations : selon elle, seules certaines conversations publiques, non chiffrées, auraient pu être consultées. Les échanges privés, eux, resteraient protégés par le chiffrement de bout en bout.
Les investigations devront désormais déterminer laquelle de ces deux versions reflète la réalité.
Et voilà, vous êtes à jour !
Si une actu vous a interpellé, n’hésitez pas à creuser via les articles source. Et pour les prochaines, restez connectés. On revient fin juillet avec un nouveau récap’ !
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